02 octobre 2008

Vodka club powered

Ca fait maintenant un an et demi que j'ai rencontré la bande à neuneus qui peuple mes soirées - et la dernière remonte à pas plus tard qu'hier soir (pour fêter Rosh Hashana dignement, alors qu'aucun de nous est juif, mais qu'une fête sur le calendrier, ça ne s'oublie pas). Ca fait plus d'un an qu'on a décidé d'appeler ce rassemblement ridicule le vodka club (alors que j'avais proposé Grenouille's gang mais la motion n'est pas passée).

Et il est temps aujourd'hui de tirer un bilan partiel de cet acocquinage avec les pires monstres que la terre ait jamais connu.

Quand je pense à la personne que j'étais avant de les croiser, pure, innocente, fraîche et raffinée. Quand je pense à ce que je suis devenu...

En l'espace d'un an, ils ont réussi à me faire tester un joint (alors que je m'étais promis de ne jamais toucher de près ou de loin à un produit qui fait rire bêtement) et même le poppers (alors que je m'étais promis de ne jamais toucher de près ou de loin à un produit qui dilate l'anus).

En l'espace d'un an, ils ont multiplié ma consommation d'alcool par dix. Parfois, je me demande si je n'ai pas plus de vodka que d'alcool dans le sang.

En l'espace d'un an, ils ont tellement parlé de cul que j'ai découvert ce qu'était un sextoy, qu'il y avait des gens qui aimaient se faire pisser dessus ou que que les plans à trois existaient réellement (ah non, ça je le savais avant).

En l'espace d'un an, ils ont complètement parasité mon langage, au point que leurs expressions ressortent aux pires moments. J'ai tendance à dire tranquilou plus que de raison. J'ai dit à un de mes commerciaux "vous, ta gueule". J'ai demandé à un client "où qu'ils sont mon contrat ?". J'ai expliqué à mes parents que j'étais morte poule.

En l'espace d'un an, j'ai écouté assez de Lorie, de Britney Spears et de Madonna pour satisfaire un bataillon entier de la Légion Etrangère.

En l'espace d'un an, j'ai rencontré plus de tafioles que le Dépôt peut en contenir aux heures de pointe (même en emboîtant bien). Et je suis sorti au Banana. Et j'ai survécu.

En l'espace d'un an, j'ai découvert que les gamins de 7 ans m'aimaient bien (alors que je me demande bien pourquoi, moi qui l'envoie toujours chier). Et que les chats, c'était pareil.

En l'espace d'un an, j'ai eu droit à assez de films pornos en toile de fond de soirée pour me faire saigner les yeux (et les oreilles pour faire bonne mesure).

En l'espace d'un an, j'ai dû parcourir la distance Paris - Bogota à force de ramener les uns et les autres aux quatre coins de Paris quand je n'étais pas cuit.

En l'espace d'un an, j'ai pu refaire mon nouvel appart de fond en comble.

En l'espace d'un an, je me suis mis à porter des fringues de marque que même en Turquie ils les vendent à 18€ et qu'on s'est un peu fait arnaquer, en fait.

Bref.

En l'espace d'un an, j'ai beaucoup changé. Pas toujours pour le meilleur, rarement pour le pire. Mais je vous aime, les djeunz.

...

...

Et je ne dis pas ça uniquement parce que votre putain de repas de Rosh Hashana ne passe pas et m'a foutu la gerbe. Bande de cons.

30 septembre 2008

...

- Ca va, tu gères ?

- Ouais, c'est bon

- ...

- ...

- Tu gères toujours ?

- Ouais ouais, je gère

- ...

- ...

- T'as intérêt à continuer à gérer là

- Ouais ouais

- ...

- Mais...

- Quoi ?

- Je gère plus du tout là

- Hey !

- ...

- ...

- Oops.

29 septembre 2008

Mobile faune

Oui, j'avoue, le titre est formidable. J'hésitais un peu avec Mobile Homme mais finalement c'est l'autre qui l'a emporté d'une courte tête dans un sondage ultra-spécialisé auprès de mes commerciaux (qui ne connaissent pas ce blog (ouf)).

Bref.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on peut être vite amené à parler de cul au téléphone. Je ne parle pas de conversation particulièrement chaude, mais simplement de commentaires sexuels, de l'évocation de gadgets à la con ou de pratiques que la morale réprouve.

Exemple classique n°1:

- Ouais, Bob l'éponge* m'a larguée, quel gros connard
- En même temps tu l'avais trompé une dizaine de fois dans le mois, non ?
- Ouais mais quand même ! Quel salaud !

 

Exemple classique n°2

- Tain, je comprends pas, Uther Pendragon* est une vraie loque ces derniers temps, il veut pas me toucher, on couche plus ensemble !
- T'as essayé le gode ceinture ?

 

Exemple classique n°3

- Mon fantasme ultime réalisé ! Ce week-end, enfin, j'ai couché avec deux filles en même temps !
- T'as pensé à changer de capote entre chaque fille ?
- Ah euh... non mais Cunégonde* a un vagin ignifugé, ça compte ?

 

Exemple classique n°4

- C'est quand même pratique un canard vibrant !
- Ouais, et attends qu'on utilise les menottes et la cravache...
- Et les lubrifiants parfumés !

 

Exemple classique n°5

- Ya Leopold d'Autriche* qui ramène du poppers samedi !
- Merde, la dernière fois qu'il a ramené de la coke, c'était vraiment le bordel...
- Bon ok tout le monde a fini dans les chiottes en contre-teuf mais c'était quand même sympa non ?

 

Bon. Ces cinq exemples ne sont là évidemment que pour illustrer mon propos et non pour de basses raisons de dénonciations. Vous en déduirez ce que vous voulez, par exemple que les conversations de mes proches ne décollent pas vraiment au-dessus de la ceinture, ou encore que nous avons tous une répartie capable de clouer sur place un pastis hydrophobe. Et vous vous dites: ok, on savait déjà que le vodka club n'était qu'un ramassis de pervers et de dégénérés,  qu'est-ce que tu veux nous apprendre de plus ?

Hum. Eh bien imaginez maintenant la même conversation, mais au téléphone. Avec un mobile. Dans la rue.

J'ai beau habiter une banlieue calme dont la verdure et la moyenne d'âge n'auraient rien à envier à une excroissance bulbeuse sur le nez d'un mandarin, il n'empêche que l'on croise parfois des habitants, même le soir, même la nuit. Et que ces gens là entendent les bribes de conversation qu'on est en train de gueuler dans l'écouteur parce qu'il y a des travaux de l'autre côté.

Et du coup on se retrouve avec des conversations de vingt, trente, quarante minutes, où l'on essaie de rassurer telle personne sur son estime sexuelle, où l'on parle à telle autre des positions à pratiquer avec son mec et où l'on envisage avec telle dernière ce qui pourrait éventuellement se faire ce week-end... tout ça avec des témoins.

Qui n'a jamais été regardé d'un air incrédule par un petit vieux avec un chihuahua parce qu'on vient de prononcer le mot "annulingus" dans sa proximité n'a jamais goûté au bonheur.

...

...

Je pense que je suis définitivement grillé à Neuilly.

 

* Ces prénoms ont été changés pour protéger les principaux intéressés.

24 septembre 2008

L'heure déchoit

Il y a parfois des choix difficiles à faire dans la vie. Des choix qui vous laissent hésitants et transpirants, avec des arguments pour ou contre qui se bousculent dans ce qui vous sert parfois de crâne et parfois de caisse de résonnance pour le nouveau bass boost que vous avez acquis à un prix ridicule sur un site internet au nom tout aussi ridicule.

Pepsi ou Coca ?

Le voile ou la burqa ?

Medvedev ou Saakachvili ?

Boxer ou Caleçon ?

Les JMJ ou le VIP ?

Le pape ou la pipe ?

On ne dirait pas comme ça, mais ces interrogations fondamentales font tourner le monde et permettent à nos scientifiques de découvrir les inventions qui, demain, nous permettront de nous gratter le testicule gauche sans avoir besoin de lâcher notre plat de pâtes.

Et pourquoi est-ce que je vous parle de choix ? Parce que la semaine dernière, j'étais confronté à l'un d'eux, aussi cornélien qu'une tragédie de Racine.

Vendredi soir, Elle devait venir chez moi, faire l'effort de prendre le train du fin fond de sa campagne bouseuse pour passer le week-end avec moi. Ca voulait dire plein de tendresse, d'amour et de sexe.

Vendredi soir, j'avais également une partie de jeu de rôle programmée avec une demi-douzaine de potes. Ca voulait dire plein de boules de feu, de coups de hache, de réflexion intense et de tripes à l'air.

Bon.

Du coup, j'ai quand même hésité un peu. D'un côté, il y avait certes la possibilité de passer un moment vraiment sympa. Mais de l'autre, j'aime bien Elle aussi.

En même temps, si jamais j'allais au jeu de rôle, il serait probable qu'Elle m'en veuille et que le reste du week-end ne soit pas aussi agréable qu'il aurait pu l'être. Ce serait quand même con de se retrouver face à une grève du sexe alors qu'on ne se voit que deux jours.

En même temps, est-ce qu'elle serait capable de tenir la grève du sexe, Elle ?

En même temps, si jamais je rate le jeu de rôles, est-ce que je ne vais pas avoir des amis qui vont râler parce que je décale depuis trois mois ?

En même temps, est-ce que j'ai vraiment besoin d'amis ?

En même temps, est-ce que je peux la récupérer au train, puis faire genre me coucher à 23h parce que je suis crevé, puis m'esquiver discrètement par la porte de derrière ?

En même temps, maladroit comme je suis, je serais capable de shooter dans la table basse.

En même temps, sans magicien, mes amis sont perdus.

En même temps, même avec un magicien, c'est pas gagné.

En même temps, le jeu de rôles c'est pas très glamour.

En même temps, Elle a de la lingerie sexy.

En même temps, je peux pas l'emmener sous le bras, c'est une partie trop avancée.

En même temps, accepterait-Elle de rester comme un coin comme un accessoire de décoration ?

En même temps, Elle fait mal quand elle baffe.

En même temps, au jeu de rôles ya des kebab et des biscuits écrasés et j'ai faim.

 

Bon.

Vous vous rendez compte des dilemmes qu'on peut parfois avoir à résoudre lorsqu'on est jeune et beau et formidable ? Nous aussi on a nos soucis, il ne faut pas croire. La vie est parfois cruelle, et c'en était un parfait exemple.

Du coup j'ai fait ce que n'importe quel mâle testiculé aurait fait, placé entre le choix d'une nuit de sexe sauvage et d'une nuit de jeu de rôles.

 

 

Je suis allé tuer des lézards géants et des sectateurs d'un temple maudit à coups de boules de feu.

 

22 septembre 2008

Do you have jetons ?

Ouais, cette phrase a déjà utilisée dans le blog par l'incomparable Cham. Nous étions en Italie et elle cherchait désespérément à acheter assez de jetons pour les douches chaudes payantes dans les campings.

Eh bien l'expression va trouver une nouvelle jeunesse après le week-end que je viens de passer. Toujours en compagnie d'Elle, vous l'aurez bien compris. J'aimerais bien vous dire le contraire mais pour l'instant il n'est pas dans mes plans de redevenir célibataire simplement pour le plaisir de vous raconter de nouveaux plans culs et plans lose.

Non, vous étiez là au moment des soirées au Cab et au Chalet des Iles, je vous fais confiance pour suivre également les aventures palpitantes du batracien quand il se rend à la fête foraine au Bois de Boulogne.

Si.

Déjà, vous noterez que la fête a changé de nom. Maintenant, ça s'appelle "fête du bois" - probablement pour ne pas vexer les électeurs en masse de Sarko en plein 16e qui goûteraient modérément le côté "fête à neuneu" (et ceci était la minute politique de la semaine).

Ensuite, vous admettrez que lorsqu'on est vaguement grands, il y a un peu moins d'intérêt à se balader au milieu d'une fête foraine. Quand on est gamins, on se fait les attractions les plus excitantes, on est super contents de balancer des boules dans des jeux de quille ou à tirer à la winchester sur des ballons qui glougloutent, on se casse la gueule dans le palais des glaces et on ricane au fin fond de la maison des horreurs.

Bon. Quand on va bientôt avoir trente ans, ya un peu plus d'hésitation. Il fait trop froid pour la rivière indienne, le saut à l'élastique est décidément trop haut et pff, ya de la queue en plus. Du coup on se rabat sur la barbe à papa, les crêpes au nutella, les jeux de palet... et les pièces.

Ah, les pièces ! Je n'y avais jamais joué, mais Elle a réussi en quelques secondes à me faire partager son addiction. C'est énorme, ce truc. Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas le principe parce qu'ils ne sortent jamais de chez eux, on vous donne un certain nombre de jetons (généralement une petite centaine) et vous les glissez dans une machine pour pousser d'autres pièces qui poussent d'autres pièces qui finissent par faire tomber dans votre giron des supers cadeaux qui déchirent l'anus en 3D, genre un stylo bille ou un porte-clefs.

Si vous avez bien suivi le principe, vous avez donc compris que c'est (vaguement) un jeu d'adresse et de patience.

Je ne suis pas adroit, et je ne suis pas patient. Quant à Elle, on va dire qu'elle est à mon niveau de ce côté (elle a déjà un beau cul, faudrait pas non plus qu'elle ait toutes les qualités).

Du coup, on a gaspillé la totalité de nos jetons sans UN SEUl résultat, sans faire tomber UNE SEULE PIECE. C'en est arrivé au point où le patron a eu tellement de pitié pour nous qu'il nous a filé une partie gratuite en secouant la tête. Je crois qu'il n'a jamais vu des gens aussi bras cassés que nous.

Bon, nous on s'en foutait, c'était plutôt marrant d'être aussi nuls. Quand on a enfin réussi, grâce à un travail d'équipe assez foudroyant, à faire tomber nos premiers points, on s'est regardés incrédules. On pensait que la machine avait buggé, mais non. C'était bien nous.

Au final, on a réussi à repartir avec des menottes en moumoute et une superbe peluche en forme de coeur. Qui a osé dire que les jeux de la fête foraine ne payaient pas ?

Les pièces, c'est bien, mangez-en.

 

PS: Oui, on a fini sur le carrousel du Trocadéro. J'ai honte.

PPS: Comme Alex, j'assume et je mets les musclés.